GREPH : une transition institutionnelle pour sortir durablement de la crise
- Edito 24
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Depuis plusieurs années, Haïti est enfermée dans une crise multidimensionnelle marquée par l’insécurité généralisée, l’effondrement des institutions, la paralysie politique et une dégradation continue des conditions de vie de la population. Les transitions politiques successives, loin d’apporter des solutions durables, ont souvent contribué à aggraver la situation. C’est dans ce contexte critique que le Groupe de Réflexion Permanente sur Haïti (GREPH) propose une alternative institutionnelle visant à rétablir la stabilité, la crédibilité de l’État et la confiance citoyenne.
Le GREPH dresse un constat sans complaisance de l’échec du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et de son gouvernement. Cette gouvernance collégiale, minée par des intérêts personnels, l’absence de vision claire et le déficit de mécanismes de contrôle, n’a pas su créer les conditions minimales pour le rétablissement de la sécurité ni pour l’organisation d’élections crédibles. Pire encore, les scandales de corruption et l’aggravation de l’insécurité ont profondément entamé la crédibilité des autorités de transition, tant au niveau national qu’international.
Face à cette impasse, le GREPH propose une Transition institutionnelle de stabilité et d’impartialité, fondée sur cinq principes directeurs : l’impartialité, l’institutionnalité, la compétence, la stabilité et la responsabilité. L’originalité de cette proposition réside dans son ancrage institutionnel, notamment autour de la Cour de cassation, considérée comme l’institution fonctionnelle la plus conforme à l’esprit de la Constitution de 1987 amendée. L’histoire récente du pays montre d’ailleurs que les transitions institutionnelles ont été plus efficaces que celles dirigées par des acteurs politiques.
La proposition prévoit la désignation d’un Président de transition issu de la Cour de cassation, garantissant neutralité politique, légitimité institutionnelle et continuité républicaine. Le gouvernement serait composé de personnalités crédibles de la société civile, choisies pour leur intégrité, leur compétence et l’absence de toute ambition électorale. Le Premier ministre serait sélectionné à l’issue d’un processus transparent et inclusif impliquant les principaux secteurs représentatifs de la société haïtienne.
Un élément central de cette architecture est la création d’un organe indépendant de contrôle et de suivi de la transition. Composé de personnalités indépendantes issues des départements, de la diaspora, de la presse et des droits humains, cet organe aurait pour mission d’assurer la transparence, la reddition de comptes et le strict respect du mandat transitoire. Il jouerait également, en l’absence de Parlement, le rôle de haute cour de justice.
La transition proposée aurait une durée limitée à douze mois et poursuivrait deux objectifs prioritaires : le rétablissement d’un climat de sécurité suffisant et l’organisation d’élections crédibles menant au retour à l’ordre constitutionnel. Des règles strictes d’inéligibilité, de transparence et d’immunité limitée visent à prévenir toute captation du pouvoir.
En définitive, la proposition du GREPH se veut une contribution citoyenne, désintéressée et responsable au débat national. En privilégiant l’intérêt supérieur de la Nation sur les calculs politiques, cette transition institutionnelle apparaît comme une voie crédible pour sortir Haïti de l’impasse et poser les bases d’une gouvernance durable et légitime.







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