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Feuille de route de la Gang Suppression Force (GSF) en Haïti

  • Writer: Edito 24
    Edito 24
  • Nov 7
  • 4 min read

source: Junte latino americaine de défense. - 6 novembre 2025


Photo : Présentation de Mara Tekach, directrice exécutive de la MSS.
Photo : Présentation de Mara Tekach, directrice exécutive de la MSS.

La Multinational Security Support (MSS) est une mission multinationale créée en réponse à la crise de sécurité en Haïti, dans le cadre d’un mandat initial adopté en 2023 par les Nations Unies. Conçue pour soutenir les autorités haïtiennes, et principalement la Police nationale d’Haïti (PNH), la MSS combine une présence durable sur le terrain, la protection d’infrastructures critiques et des patrouilles conjointes avec la PNH afin de rétablir les couloirs logistiques et de permettre la livraison d’aide humanitaire dans des zones auparavant inaccessibles.


Le 4 novembre dernier, la directrice exécutive de la MSS, Mara Tekach, a présenté devant la Junta Interamericana de Defensa (JID) l’évolution de l’opération, les résultats obtenus et les besoins nécessaires à la consolidation de la Gang Suppression Force (GSF).


Tekach a précisé qu’à la suite de la nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l’ONU adoptée le 30 septembre 2025, la MSS s’est transformée en GSF, assumant une nouvelle configuration, un mandat élargi et une feuille de route opérationnelle renouvelée. Dans sa présentation, elle a détaillé des données opérationnelles vérifiables, défini les priorités capacitaires et lancé un appel à convertir les engagements politiques en livraisons concrètes.

Avant le déploiement, Haïti traversait un drame social majeur : quartiers contrôlés par des groupes armés, couloirs humanitaires bloqués, populations prises au piège entre violence et privations. Dans ce contexte, la MSS a apporté une lueur d’espoir, réussissant à rouvrir plusieurs couloirs, à sécuriser des infrastructures critiques — notamment l’aéroport international Toussaint Louverture — et à rétablir l’approvisionnement en biens essentiels.


Des capacités renforcées

Tekach a souligné que les opérations de la MSS ne relèvent pas du peacekeeping classique : elles vont du dégagement de barricades empêchant l’arrivée de l’aide humanitaire à des opérations tactiques menant à des arrestations, des saisies et des opérations de sécurisation. Toutefois, beaucoup reste à faire. D’où la création de la GSF, conçue avec des capacités accrues pour conduire des opérations à plus grande échelle et consolider la stabilité à moyen terme.


Parmi les résultats obtenus figurent la reprise du corridor port-aéroport — essentiel à la logistique nationale —, la sécurisation de l’aéroport et de ses accès, des patrouilles continues dans des quartiers clés, ainsi que des opérations d’arrestation et de saisie d’arsenaux. Ces avancées traduisent l’effet stabilisateur de la mission.


Composition et soutien international

Tekach a précisé que la MSS a déployé 984 militaires en Haïti, provenant du Kenya, du Guatemala, d’El Salvador, des Bahamas et de la Jamaïque. Des pays tels que les États-Unis, le Canada, l’Allemagne, l’Italie, la France, le Japon, le Danemark et l’Espagne contribuent financièrement et matériellement à la mission.


L’Espagne, en plus de son soutien financier, fournit une expertise au sein du MSS Support Office à Washington. On y trouve notamment le capitaine de la Garde civile Javier R. Carnero (conseiller principal auprès de la directrice exécutive et liaison avec l’Organisation des États américains) et l’inspecteur de la Police nationale Juan Manuel Sánchez (officier de soutien logistique). Tous deux travaillent avec un personnel international afin de renforcer la coordination institutionnelle, la planification opérationnelle et le soutien logistique depuis le siège de l’OEA.


La feuille de route de la GSF

Le plan de développement de la GSF prévoit une expansion substantielle visant environ 5 500 effectifs et l’intégration de capacités à plus grande échelle. Tekach a insisté sur la nécessité urgente de fournir des véhicules blindés, des moyens navals et des capacités logistiques supplémentaires à la GSF. Ces ressources permettront de mener des opérations d’interdiction durables, de contrôler les couloirs côtiers et d’assurer un soutien permanent aux forces terrestres.


La planification stratégique comprend le renforcement de la doctrine, du commandement et du contrôle (C2), indispensables à une conduite efficace des opérations.


Coordination institutionnelle et transition

Sur le plan institutionnel, Tekach a décrit la séquence de transition suivante :

  1. Le MSS Support Office (MSS-SO) à Washington assure la direction et la représentation institutionnelle de la mission, servant de centre logistique et de coordination.

  2. Parallèlement, la GSF est déjà opérationnelle, avec une fenêtre immédiate pour déployer des capacités critiques.

  3. À partir du 1ᵉʳ avril, le UN Support Office in Haiti (UNSOH) assumera progressivement les fonctions de soutien et de coordination sur le terrain.

  4. Enfin, le MSS-SO achèvera sa mission une fois que l’UNSOH sera pleinement opérationnel et aura pris en charge les responsabilités logistiques.


Réception et perspectives

La JID a salué la qualité technique de la présentation et la valeur opérationnelle de la mission, la considérant comme une contribution importante au débat régional sur la sécurité. Elle a exprimé sa volonté de maintenir le dialogue et d’offrir son expertise dans le cadre de son mandat.

Cette présentation, accueillie par la Junta Interamericana de Defensa, marque le passage à une phase opérationnelle plus ambitieuse. Dans cette nouvelle étape, les contributions concrètes — contingents, équipements, plateformes navales et programmes de formation — seront décisives pour la réussite de la mission.


(Capitaine de la Garde civile Javier Rodríguez Carnero, Conseiller principal auprès de la Directrice exécutive — Mission multinationale de soutien à la sécurité en Haïti, Bureau de soutien)

 
 
 

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